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�? la chasse aux masques

Posted by davidjulie088 on March 2, 2021 at 11:50 AM

Il est 14 h 30 le 2 avril lorsque l’avion atterrit à Toronto, après avoir quitté la Chine, la veille. Sa cargaison, destinée au Québec, est précieuse : 600 000 masques N95, 3 millions de masques de procédure, près de 100 000 paires de gants et 20 000 blouses.

 

 

En conférence de presse, François Legault parle d’une « période risquée, critique », puisqu’il reste environ sept jours de réserve d’équipements de protection individuelle (EPI).

 

Depuis plusieurs semaines, ça joue dur sur le marché mondial, où la pénurie d’EPI met en concurrence les pays à la recherche de matériel pour leurs travailleurs de la santé. Les histoires de commandes vendues au plus offrant sur le tarmac de l’aéroport de Shanghai et détournées de leur destination d’origine se multiplient. La France s’est fait piquer des masques par les États-Unis, l’Italie par la Turquie, la Suède par la France… Chaque fois, le pays plaide l’erreur de bonne foi pour calmer la tension diplomatique, mais personne n’est dupe.

Dany Gagnon, vice-président de Chrono Aviation, une entreprise de Québec qui a fait plus de 45 allers-retours entre la Chine et le Canada avec ses avions-cargos pour aller cueillir du matériel pendant la crise, a dû embaucher des agents de sécurité à l’aéroport de Shanghai pour protéger ses cargaisons. « Ça brassait à Shanghai ! s’exclame-t-il. Si tu ne surveillais pas ta marchandise, elle pouvait se retrouver dans un autre avion en un rien de temps. Ça se promenait avec des valises bourrées d’argent pour faire reculer les camions vers un autre appareil. »

 

En ce début avril, le prix des EPI a flambé sur un marché devenu hystérique. Le masque N95, qui se vend habituellement un dollar l’unité, se marchande sept dollars. La blouse médicale jetable, qui se paie 1,75 dollar en temps normal, atteint la rondelette somme de 15 dollars l’unité. À tel point que le crime organisé s’est mis au trafic des EPI, une bonne façon de blanchir de l’argent quand même les gouvernements acceptent de payer les cargaisons en argent liquide, ce qui oblige les fonctionnaires à redoubler de prudence.

 

Il est 14 h 30 le 2 avril lorsque l’avion atterrit à Toronto, après avoir quitté la Chine, la veille. Sa cargaison, destinée au Québec, est précieuse : 600 000 masques N95, 3 millions de masques de procédure, près de 100 000 paires de gants et 20 000 blouses.

 

 

En conférence de presse, François Legault parle d’une « période risquée, critique », puisqu’il reste environ sept jours de réserve d’équipements de protection individuelle (EPI).

 

Depuis plusieurs semaines, ça joue dur sur le marché mondial, où la pénurie d’EPI met en concurrence les pays à la recherche de matériel pour leurs travailleurs de la santé. Les histoires de commandes vendues au plus offrant sur le tarmac de l’aéroport de Shanghai et détournées de leur destination d’origine se multiplient. La France s’est fait piquer des masques par les États-Unis, l’Italie par la Turquie, la Suède par la France… Chaque fois, le pays plaide l’erreur de bonne foi pour calmer la tension diplomatique, mais personne n’est dupe.

 

Dany Gagnon, vice-président de Chrono Aviation, une entreprise de Québec qui a fait plus de 45 allers-retours entre la Chine et le Canada avec ses avions-cargos pour aller cueillir du matériel pendant la crise, a dû embaucher des agents de sécurité à l’aéroport de Shanghai pour protéger ses cargaisons. « Ça brassait à Shanghai ! s’exclame-t-il. Si tu ne surveillais pas ta marchandise, elle pouvait se retrouver dans un autre avion en un rien de temps. Ça se promenait avec des valises bourrées d’argent pour faire reculer les camions vers un autre appareil. »

 

En ce début avril, le prix des EPI a flambé sur un marché devenu hystérique. Le masque N95, qui se vend habituellement un dollar l’unité, se marchande sept dollars. La blouse médicale jetable, qui se paie 1,75 dollar en temps normal, atteint la rondelette somme de 15 dollars l’unité. À tel point que le crime organisé s’est mis au trafic des EPI, une bonne façon de blanchir de l’argent quand même les gouvernements acceptent de payer les cargaisons en argent liquide, ce qui oblige les fonctionnaires à redoubler de prudence.

 

Des fonds d’investissement privés achètent de grandes quantités de matériel pour les revendre à fort prix quelques jours plus tard. Les masques N95, désormais aussi prisés que des diamants, s’échangent de gré à gré, sans appel d’offres, avec de multiples intermédiaires qui prennent des commissions au passage. Toutes les commandes se paient à l’avance. Les fournisseurs laissent de 24 à 48 heures aux clients pour payer, sans quoi la commande retourne sur le marché, à l’encan.

 

« En mars et en avril, c’était la jungle, la folie ! » lance Marc-Nicolas Kobrynsky, sous-ministre adjoint au ministère de la Santé, affecté au printemps à l’approvisionnement international des EPI, en collaboration avec l’équipe de l’OSBL SigmaSanté, alors dirigé par Pierre Julien. Ce dernier, aujourd’hui président-directeur général du Centre d’acquisitions gouvernementales, se souvient d’un marché sur la corde raide, avec des clients et des fournisseurs rendus paranoïaques par la concurrence débridée. « Il y avait 180 pays qui voulaient la même affaire, avec 52 États américains et 10 provinces. On essayait de tout garder confidentiel, pour ne pas dire les quantités et où on allait chercher le stock. Il y avait des craintes de nous le faire subtiliser en Chine ou dans la chaîne d’approvisionnement. La provenance et le chemin que le matériel prenait, c’était vraiment secret. »

 

Il est 14 h 30 le 2 avril lorsque l’avion atterrit à Toronto, après avoir quitté la Chine, la veille. Sa cargaison, destinée au Québec, est précieuse : 600 000 masques N95, 3 millions de masques de procédure, près de 100 000 paires de gants et 20 000 blouses.

 

 

En conférence de presse, François Legault parle d’une « période risquée, critique », puisqu’il reste environ sept jours de réserve d’équipements de protection individuelle (EPI).

 

Depuis plusieurs semaines, ça joue dur sur le marché mondial, où la pénurie d’EPI met en concurrence les pays à la recherche de matériel pour leurs travailleurs de la santé. Les histoires de commandes vendues au plus offrant sur le tarmac de l’aéroport de Shanghai et détournées de leur destination d’origine se multiplient. La France s’est fait piquer des masques par les États-Unis, l’Italie par la Turquie, la Suède par la France… Chaque fois, le pays plaide l’erreur de bonne foi pour calmer la tension diplomatique, mais personne n’est dupe.

 

Dany Gagnon, vice-président de Chrono Aviation, une entreprise de Québec qui a fait plus de 45 allers-retours entre la Chine et le Canada avec ses avions-cargos pour aller cueillir du matériel pendant la crise, a dû embaucher des agents de sécurité à l’aéroport de Shanghai pour protéger ses cargaisons. « Ça brassait à Shanghai ! s’exclame-t-il. Si tu ne surveillais pas ta marchandise, elle pouvait se retrouver dans un autre avion en un rien de temps. Ça se promenait avec des valises bourrées d’argent pour faire reculer les camions vers un autre appareil. »

 

En ce début avril, le prix des EPI a flambé sur un marché devenu hystérique. Le masque N95, qui se vend habituellement un dollar l’unité, se marchande sept dollars. La blouse médicale jetable, qui se paie 1,75 dollar en temps normal, atteint la rondelette somme de 15 dollars l’unité. À tel point que le crime organisé s’est mis au trafic des EPI, une bonne façon de blanchir de l’argent quand même les gouvernements acceptent de payer les cargaisons en argent liquide, ce qui oblige les fonctionnaires à redoubler de prudence.

 

Des fonds d’investissement privés achètent de grandes quantités de matériel pour les revendre à fort prix quelques jours plus tard. Les masques N95, désormais aussi prisés que des diamants, s’échangent de gré à gré, sans appel d’offres, avec de multiples intermédiaires qui prennent des commissions au passage. Toutes les commandes se paient à l’avance. Les fournisseurs laissent de 24 à 48 heures aux clients pour payer, sans quoi la commande retourne sur le marché, à l’encan.

 

« En mars et en avril, c’était la jungle, la folie ! » lance Marc-Nicolas Kobrynsky, sous-ministre adjoint au ministère de la Santé, affecté au printemps à l’approvisionnement international des EPI, en collaboration avec l’équipe de l’OSBL SigmaSanté, alors dirigé par Pierre Julien. Ce dernier, aujourd’hui président-directeur général du Centre d’acquisitions gouvernementales, se souvient d’un marché sur la corde raide, avec des clients et des fournisseurs rendus paranoïaques par la concurrence débridée. « Il y avait 180 pays qui voulaient la même affaire, avec 52 États américains et 10 provinces. On essayait de tout garder confidentiel, pour ne pas dire les quantités et où on allait chercher le stock. Il y avait des craintes de nous le faire subtiliser en Chine ou dans la chaîne d’approvisionnement. La provenance et le chemin que le matériel prenait, c’était vraiment secret. »

 

C’est dans ce contexte tendu que Marc-Nicolas Kobrynsky décide de mettre toutes les chances de son côté afin de protéger sa cargaison du 2 avril, qui vaut plus de cinq millions de dollars : le convoi de quatre camions semi-remorques de 53 pieds affrétés par le gouvernement du Québec auprès de Groupe Robert sera escorté par des policiers en civil du ministère de la Sécurité publique, normalement occupés à la protection des visiteurs VIP — visiteurs qui se font rares au Québec en ce printemps où les frontières sont fermées. Entre Toronto et Boucherville, où est situé le centre de distribution de Groupe Robert, la marchandise, particulièrement les masques N95, sera maintenue sous haute surveillance.

 

« On avait entendu des histoires de cargaisons qui atterrissaient à Toronto et qui étaient mystérieusement réacheminées aux États-Unis, alors il fallait tout prévoir », explique Marc-Nicolas Kobrynsky.

 

Le soir venu, lorsque les manutentionnaires de Groupe Robert déchargent les centaines de boîtes, ils constatent qu’il n’y a aucun masque N95 dans les camions ! Le fournisseur n’a pas expédié ce qu’il avait promis.

 

Le ministère de la Santé et des Services sociaux se rendra également compte au cours des jours suivants que les trois millions de masques chirurgicaux ne sont pas conformes aux normes canadiennes, de sorte qu’ils sont inutilisables dans les hôpitaux. « J’ai fait escorter un convoi qui ne contenait pas de masques N95 et qui incluait des masques de procédure non conformes ! s’exclame Marc-Nicolas Kobrynsky. On s’est fait avoir. » Les masques de procédure trouveront quand même un usage comme couvre-visages adéquats dans un contexte non médical, par exemple dans des bureaux ou les transports en commun.


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Source : L'actualité

Categories: Actualités

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